Le témoignage d’Émilie et Corentin sur leur aventure humaine au cœur de Madagascar
Nous sommes très heureux de partager avec vous ce magnifique témoignage d’Émilie et Corentin, qui ont vécu leur première expérience de volontariat à Akiba, sur l’île de Nosy Komba, au nord de Madagascar, entre mai et juin 2026.
Pendant deux mois, ils se sont engagés dans des projets mêlant éducation, agroforesterie, permaculture et développement local. Mais au-delà des activités réalisées, leur témoignage raconte surtout une aventure humaine faite de rencontres, d’adaptation, de partage et de découverte d’une autre manière de vivre.
Une expérience qui les a amenés à sortir de leur zone de confort, à questionner certains de leurs repères et à découvrir toute la richesse de l’échange interculturel. Voici leur témoignage.
Hello 👋
Je m’appelle Emilie et mon compagnon s’appelle Corentin. Nous sommes un couple de voyageurs avec l’envie de faire des rencontres et de découvrir d’autres cultures.
Il y a quelques mois, nous avons poussé la porte du SVI sans vraiment savoir jusqu’où cette aventure allait nous mener. Cela nous a poussés à réfléchir, à construire et à préparer concrètement notre première expérience de volontariat.
Puis, nous nous sommes lancés.
Nous venons de vivre deux mois de volontariat à Akiba, sur Nosy Komba, une petite île au nord de Madagascar.
Akiba, c’est une association et une ferme pilote d’agroforesterie. Concrètement, on y cultive et transforme du cacao, du café, de la vanille et des épices. L’association fabrique également des huiles essentielles et de l’alcool afin de financer une école et un dispensaire.
Une fois arrivés sur place, nos craintes se sont vite envolées…
Tout est différent, tout est à réapprendre, et l’essentiel reprend vie.
À Akiba, il fallait oublier le confort auquel nous étions habitués : douche froide, dortoir rudimentaire, absence de réseau, serpents et une sacrée montée pour arriver jusqu’au site.
Et pourtant, c’est précisément là que nous avons trouvé tant de richesse : la collectivité, le partage, l’apprentissage, les rires, les débats, les fêtes, les liens inattendus et les moments inoubliables…
On a appris à déconstruire nos biais d’Européens tout en construisant l’échange avec l’autre.
Plusieurs projets sont proposés sur place. J’ai choisi de faire mon volontariat auprès des enfants. Il y a une école sur place et j’ai pu proposer des ateliers de théâtre chaque semaine, avec des enfants âgés de 3 à 13 ans. Les ateliers étaient hebdomadaires, avec cinq classes réparties en demi-groupes.
Nous avons pu préparer de petites réalisations qu’ils ont ensuite présentées lors de leur spectacle de fin d’année.
Avec les plus grands, âgés de 14 à 15 ans, j’ai également pu mettre en place un atelier ciné-débat, avec des petits groupes différents chaque semaine.
J’échangeais régulièrement avec le directeur et les différents professeurs. Le but n’était pas d’arriver avec des méthodes toutes faites, ni d’imposer ma façon de faire. D’ailleurs, je voyais rapidement quand un atelier fonctionnait moins bien qu’un autre, et j’ai essayé de m’adapter aux envies des enfants.
Corentin, lui, a choisi de s’investir pleinement dans le projet de permaculture et d’agroforesterie. Au quotidien, il a accompagné l’équipe dans l’entretien des plantations de cacaoyers, de vanille et de café, tout en participant aux différentes récoltes.
Il a également pris part à la mise en place d’un nouveau procédé de fermentation du café, ainsi qu’aux étapes de séchage et de préparation de la vanille et des fèves de cacao.
Au cours de cette aventure, Corentin a pu lancer un projet pilote de fabrication de savons artisanaux par saponification à froid. L’objectif est de valoriser certains ingrédients produits sur place et jusqu’alors peu ou pas exploités par l’association, afin de leur donner une seconde vie plutôt que de les considérer comme des déchets.
Au-delà des techniques apprises, cette expérience lui a surtout permis de comprendre que transmettre un savoir ne signifie pas imposer une méthode : il fallait observer les pratiques existantes, comprendre les besoins et construire avec l’équipe.
À Akiba, ils produisent également leur propre chocolat et possèdent leur chocolaterie. Ils en vendent dans leur petite boutique sur place.
Objectivement, il est délicieux ! 🍫
Et puis, les week-ends, nous avons eu la chance de découvrir les magnifiques îles paradisiaques aux alentours !
Mais dans toute la richesse humaine de cette aventure, il y a eu tous ces moments de vie que les photos ne capturent pas, que les mots racontent mal et que la mémoire, elle, n’efface pas.
Un moment ordinaire. Un regard. Un sourire. Un instant loin du spectaculaire, mais où, soudain, tout semble prendre sens.
Croiser le regard de cette petite fille qui sourit de ses deux dents.
Échanger un sourire complice avec ces femmes qui nous laissent entrevoir un bout de leur quotidien.
Une réelle prise de conscience. Un immense respect. Une pure joie de vivre ce bout de quotidien, dans leur monde qu’ils partagent sans retenue.
Alors, c’est ça, l’échange interculturel.
Alors, là est toute la richesse de notre existence.
Nous ressortons grandis, la tête remplie de souvenirs éternels et le cœur plein de gratitude.
« Alors que je ne connais pas ton nom, tu fais vivre le mien.
Alors que je galère à laver mon linge, tu tends les bras pour m’aider.
Alors que je ne parle pas ta langue, tu tenteras de comprendre la mienne.
Alors que je vis le luxe de l’Occident, tu laisseras ta porte grande ouverte.
Alors que je crains l’inconnu, tu me souris. »Si tu hésites encore à te lancer, ose pousser la porte.
Tu ne sais pas encore ce que cette aventure va t’apporter, mais une chose est certaine : tu n’en ressortiras pas le même. 🌱
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