Volontariat et humanitaire: les différences

Posted by: Nicolas Curri Category: Conseils Tags: , , , , , 9 Post Date: 4 mai 2018

Volontariat et humanitaire: les différences

Au quotidien, beaucoup de jeunes contactent le SVI avec l’objectif de partir en “mission humanitaire”, qui est une notion très éloignée des chantiers de volontariat que nous organisons. Nous allons vous aider à distinguer ces deux concepts complémentaires mais aux finalités ô combien différentes de la solidarité internationale.

Humanitaire et professionnalisme

mission humanitaireC’est sans doute là la différence essentielle entre les 2 notions. Une personne qui part en mission humanitaire est un professionnel qualifié, mandaté par une organisation d’aide d’urgence ou de développement pour exercer son métier, qu’il soit médecin, infirmier, logisticien ou chargé de projet. Ces missions de durées plus ou moins longues répondent à un besoin spécifique d’une communauté en raison d’une catastrophe naturelle, d’une épidémie ou d’un contexte géopolitique instable. Qu’il s’agisse d’une réponse immédiate liée à une situation d’urgence ou un projet de développement, ces structures ont besoin de professionnels pour mener à bien ces missions.

Partir sur un chantier de volontariat international avec le SVI ne demande en revanche aucune compétence spécifique, puisque le volontaire part sur des projets menés par des associations locales pour les soutenir bénévolement dans le développement de leurs actions et ainsi découvrir la diversité du secteur associatif à travers le monde, que ce soit dans le domaine culturel, environnemental ou de l’animation. Au SVI, l’engagement sur un chantier de volontariat est avant tout une étape dans le parcours citoyen des jeunes que nous accompagnons.

Par exemple, tout le monde peut être bénévole sur un festival de rock en Islande tout comme il distribuerait des repas pour les restos du cœur dans sa ville, mais seuls des médecins qualifiés peuvent s’engager avec une structure pour participer à un programme de vaccination au Mali.

Payer pour partir sur un chantier?

Même si beaucoup de professionnels s’engagent bénévolement au quotidien, la majorité des personnes qui partent avec une structure dans le cadre humanitaire sont rémunérées par une organisation durant leur mission. D’un autre côté, la plupart des chantiers de volontariat organisés par nos partenaires impliquent une contribution financière de la part du jeune.  Sur ces projets, les associations qui vous accueillent fonctionnent avec leurs propres moyens, souvent limités. Cela explique les frais demandés pour couvrir votre hébergement, les repas mais également pour soutenir les actions qu’elles mettent en place tout au long de l’année.  Vous soutenez donc le projet que vous rejoignez à la fois par votre engagement bénévole mais également à travers une aide financière.

Par exemple, un logisticien va être rémunéré pour coordonner l’acheminement de vivres dans une région affectée par la famine au Yémen, mais un volontaire va devoir verser des frais de participation pour rejoindre un programme de protection des tortues marines au Costa Rica .

 

Un chantier de volontariat: avant tout une expérience

projet de volontariat au perouBien que des crises humanitaires puissent se dérouler à quelques kilomètres de chez nous (ex: la jungle de Calais), il est vrai que la notion d’international est bien ancrée quand on parle de chantiers de volontariat ou de missions humanitaires. Il ne faut pourtant pas oublier que partir en chantier de volontariat international est avant tout un échange interculturel dans le cadre d’un engament associatif et que même si la notion d’interculturalité est fort présente également pour les personnes partant sur une mission humanitaire, ce n’est pas l’objectif initial pour ces professionnels.

Dans la pratique, un volontaire partant sur un projet d’animation dans un village en Thaïlande va avant tout beaucoup apprendre sur la culture de la région qui l’accueille au-delà de son activité de volontariat, là où l’infirmier qui part dans un dispensaire en RDC va sans doute en apprendre énormément sur la culture locale, mais il ne s’agit pas de la finalité première de sa mission

Pourquoi cette confusion?

Comment se fait-il qu’une telle zone d’ombre existe alors que ces 2 notions semblent aussi éloignées que complémentaires? La réponse se retrouve à différents niveaux.  Dans un premier temps, il est évident qu’en dehors de la petite bulle de la solidarité internationale l’opinion publique n’est pas spécialement tenue au fait des différentes notions inhérentes à ce secteur et que les mots “humanitaire” et “volontariat” sont des “boîtes” assez pratique dans lesquelles on peut tout ranger. Les médias ont également tendance à utiliser ces raccourcis dès que la thématique est abordée.

En parallèle, il ne faut pas non plus sous-estimer le rôle joué par les entreprises de volontourisme, qui ont tout intérêt à alimenter cette confusion. Entrez les mots “projet humanitaire” dans votre moteur de recherche favoris et vous verrez que les premiers résultats ne correspondent pas à ce concept que nous venons de vous expliquer. Ces entreprises, avec leur force de frappe marketing, ont très bien compris quelles sont les portes d’accès que les jeunes utilisent lorsqu’ils recherchent un projet de volontariat en ligne. Le SVI tente d’inverser la tendance en informant  les jeunes intéressés par les chantiers de volontariat international et cet article a, in fine, pour humble ambition de participer à cet effort de clarification.

A très vite!

PS:  Pour en apprendre plus sur le  volontariat, la solidarité internationale et l’humanitaire, n’hésitez pas à consulter cette page.

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